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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les artères et veines

Publie par SOS-VAISSEAUX Le 7 septembre 2009 0 Commentaire

1) Peut on perdre l’usage d’un membre ?

Au stade de claudication intermittente, en l’absence de prise en charge, la distance de marche peut être de plus en plus limité du fait
de la progression de la maladie.
La claudication peut alors devenir très invalidante.
Aux stades ultérieurs, la maladie peut aussi apparaître en position allongée.
Enfin, l’apparition de troubles trophiques (ulcérations, gangrènes) compromet l’avenir du membre concerné.

2) Cette perte d’usage d’un membre est elle inéluctable ?

Si la maladie athérothrombotique n’est pas traitée, les lésions peuvent évoluer et devenir irréversibles mettant en danger le membre concerné.
Une prise en charge adaptée, médicale voire chirurgicale, permet d’éviter d’arriver à ce stade de la maladie.

3) Une amputation est elle toujours nécessaire, à long terme ?

En dernier recours, si plus aucun geste vasculaire n’est possible, si les lésions sont irréversibles au stade de nécrose cutanée et
de gangrène, l’amputation peut être nécessaire.
Heureusement, cette évolution est rare. Elle n’est pas inéluctable.
Il est possible de traiter l’ AOMI par des moyens médicaux (règles hygiéno-diététiques, médicaments) mais aussi, aux stades plus graves
de la maladie, par des moyens chirurgicaux qui visent à rétablir une bonne vascularisation.

4) En quoi consiste une épreuve de marche sur tapis roulant ?

Cette épreuve consiste à marcher sur un tapis roulant dont la vitesse de déroulement de référence est de 3,2 km / heure avec une pente
évaluée à 10% ( mais la vitesse et la pente d’inclinaison sont à adapter en fonction du patient).
Dans un premier temps, cette épreuve permet d’évaluer la distance de marche jusqu’à apparition de la douleur.
Dans un second temps, le médecin va mesurer les pressions sanguines dans les jambes après l’effort.
Cet examen est contre-indiqué si vous avez fait un infarctus du myocarde il y a moins de 6 mois, si vous avez un angor, des troubles
du rythme cardiaque ou une hypertension artérielle insuffisamment corrigée malgré un traitement antihypertenseur.
Cette épreuve de marche permet de différencier la claudication intermittente d’origine artérielle, d’autres types de claudication
(neurologique, rhumatologique..).

5) Pourquoi est il nécessaire d’effectuer un interrogatoire précis et complet ?

Le médecin va vous poser de nombreuses questions concernant :
– vos antécédents personnels, vos maladies actuelles (hypertension artérielle, diabète, hypercholestérolémie, hypertriglycéridémie,
anomalie de la coagulation …),
– mais aussi familiaux afin de savoir s’il y a d’autres personnes de votre famille qui ont (ou ont eu) des problèmes cardiovasculaires (AOMI,
infarctus du myocarde,accidents vasculaires cérébraux … ),
– votre mode de vie (tabagisme +++, activité physique régulière, type d’alimentation).

Les réponses à toutes ces questions vont l’aider à savoir si vous avez des facteurs de risque qui ont pu favoriser la survenue de votre maladie
ou en accentuer l’évolution.
Votre médecin pourra vous donner des conseils pour vous aider à agir et à lutter contre certains facteurs de risque vasculaires et
ainsi améliorer votre état de santé.

6) Quels examens complémentaires sont utiles pour confirmer le diagnostic d’AOMI ?

L’échographie doppler des membres inférieurs permet de localiser avec précision les lésions artérielles au niveau des membres inférieurs.
Une épreuve de marche sur tapis roulant peut être demandée pour confirmer le diagnostic en cas de maladie associé rendant le diagnostic plus difficile a établir et pour voir l’impact des lésions sur la marche.
En cas de recours à la chirurgie on peut être amené à effectuer une artériographie et / ou une angiographie-IRM pour faire un bilan plus précis.

7) Quels autres examens complémentaires suis-je susceptible de passer ?

Certains examens visent à rechercher la présence de facteurs de risques vasculaires.
Ainsi par une prise de sang on peut chercher un excès de sucre ou de graisse dans le sang ou une anomalie de la coagulation.
D’autres examens complémentaires ont pour but de rechercher d’éventuelles lésions dans d’autres territoires : l’échographie de l’aorte abdominale, des artères rénales et digestives , l’écho- doppler des artères cervicales ( carotides) permettront de mettre en évidence ou d’éliminer une obstruction de ces artères .
Enfin , d’autres examens recherchent , confirment ou localisent une athéro-thrombose des coronaires :
D’abord : l’électrocardiogramme au repos ou pratiqué éventuellement lors d’une épreuve d’effort sur vélo ; puis si nécessaire une échographie cardiaque une scintigraphie du myocarde (examen radiologique utilisant un produit radioactif pour repérer les zones de mauvais fonctionnement du muscle cardiaque) et dans certains cas une coronarographie (examen pratiqué après injection d’un produit qui permet de visualiser les artères du cœur).

8) Un arrêt du tabac est-il obligatoire ? Comment arrêter de fumer : A qui demander, ou trouver de l’aide ?

Il est fondamental d’arrêter totalement et définitivement de fumer pour freiner l’évolution de l’artériopathie.

Cet arrêt est primordial quel que soit le stade de votre maladie .l’intoxication tabagique est considérée comme le premier facteur de risque
d’ AOMI .à l’arrêt du tabac , on observe un allongement de la distance de marche et une meilleure efficacité des pontages artériels , en évitant que ceux-ci ne se bouchent .dans les études , le bénéfice de l’arrêt du tabac apparaît avant la fin de la première année .
Si l’on compare des patients claudicants en fonction de la poursuite ou de l’arrêt du tabac à 10 ans, le nombre de survivants est presque le double dans le groupe des patients ayant arrêté de fumer.
Selon votre dépendance à la nicotine (déterminée grâce à un test spécifique), selon l’ancienneté et l’importance de votre intoxication, l’arrêt
du tabac sera plus ou moins facile .

Pour vous aider dans votre démarche , le médecin peut vous prescrire des substituts à la nicotine ( patchs , gommes, comprimés à sucer) ou d’autres molécules aujourd’hui disponibles pour faciliter le sevrage tabagique ( arrêt du tabac) . il pourra aussi vous prescrire si besoin un traitement pour lutter contre l’anxiété ou le sentiment de déprime qui peut accompagner l’arrêt du tabac .
Un exercice physique régulier vous évitera les prises de poids.
Un soutien psychologique pourra être nécessaire (séances de relaxation, entretiens psychologiques, thérapies comportementales
individuelles ou en groupe ).
Toutes ces mesures d’accompagnement pour l’arrêt du tabac sont proposées dans des consultations
spécialisées (consultations d’aide au sevrage tabagique).
N’hésitez pas à tester votre dépendance à la nicotine à l’aide d’un test à votre disposition chez votre pharmacien ou médecin.

9) Devrai-je effectuer des contrôles de suivi et pourquoi ?

Oui il est absolument nécessaire que vous fassiez des contrôles de suivi afin que le médecin puisse évaluer l’évolution de la maladie
athéro-thrombotique au niveau des artères des membres inférieurs mais aussi des artères du cœur ( coronaires) et du cerveau ( carotides) .il en profitera pour faire le point avec vous sur votre hygiène de vie et vos facteurs de risques .

Si vous avez eu une angioplastie, une surveillance clinique et un écho doppler seront effectués à intervalles réguliers au cours de la première année, puis une fois par an ou devant l’apparition de nouveaux signes afin de vérifier si l’artère dilatée ne s’est pas resténosée (rebouchée).
Si vous avez eu un pontage, une surveillance médico- chirurgicale et un écho doppler seront pratiqués régulièrement.
Cette surveillance sera exercée conjointement par votre médecin traitant, le médecin vasculaire et le chirurgien.

10) Qui sont les patients à risque ?

Ce sont des patients d’environ 60 ans (50 ans pour les femmes) qui présentent les facteurs de risques suivants :

 » Le tabagisme, facteur de risque le plus fréquemment présent.
 » Le diabète, qui aggrave considérablement le pronostic fonctionnel et vital du sujet souffrant d’une AOMI.
 » L’hypertension artérielle présente chez près de 50% des patients , multiplie par 2 le risque de développer une AOMI.
 » La dyslipidémie : outre l’augmentation du LDL cholestérol, le profil dyslipidémique le plus fréquemment retrouvé associe hypertriglycéridémie et HDL cholestérol bas.
 » L’obésité abdominale (périmètre abdominal supérieur à 102 cm chez l’homme et à 88 cm chez la femme)
ou l’obésité ( indice de masse corporelle égal ou supérieur à 30 kg / m2)
 » Des antécédents cardiovasculaires familiaux directs.

Ce sont également les patients ayant eu un antécédent vasculaire tel qu’un infarctus ou un accident vasculaire cérébral.

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